L église de Laroque d’Olmes

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07-09-2006 145 (2) - Copie

L’histoire  de notre église et les observations que l’on peut faire sur ce monument posent un certain nombre de questions sans réponses à ce jour  ou demandent de fournir aux personnes intéressées des explications. La rubrique qui va suivre évoque plusieurs points : classement aux Monuments Historiques, élévation du clocher, l’histoire de l’horloge, le verrou du portail sud, le portail sud, la chapelle saint Martin, hypothèse sur le clocher, les autels, véritable histoire des orgues……

Le premier sujet traité sera les classements, déclassements et reclassements successifs qui ont été réalisés sur cette église.

Mais tout d’abord rappelons aux lecteurs

que jusqu’à la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat les biens de l’église étaient gérés par le « Conseil de fabrique » qui était une assemblée de clercs et de laïques.

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                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Monsieur Pierre Barousse

1-CLASSEMENTS-DECLASSEMENS-RECLASSEMENTS

 

Prosper Mérimée, homme de lettre, historien et archéologue, inspecteur de Monuments Historiques mit au point à partir de 1842 un inventaire des monuments remarquables en vue de leur préservation dans le temps.

D’après la liste officielle des bâtiments classés au XIXe. siècle dans l’Ariège on trouve : le château de Foix en 1840, l’église d’Unac  et la chapelle de Sabart en 1846 . L’église de Laroque d’Olmes a été en 1875 la troisième église classée M.H. du département .  On peut penser que cette reconnaissance a été faite à la suite du rapport de Monsieur Rambaud, inspecteur des Monuments Historiques, et collaborateur de Mérimée, établi le 10 janvier 1840 ,soit 35 ans avant….. !

Monsieur le Préfet.

Laroque d’Olmes est une commune à laquelle se rattachent des souvenirs glorieux. Elle possédait un château important qui a  appartenu tour à tour aux Comtes de Toulouse, aux comtes de Foix et aux Rois d’Aragon. Son église actuelle, construite au 14e siècle et le clocher qui la couronne offrent un document historique qui en recommande la conservation…………………………………………
L’église de Laroque est donc un monument historique remarquable, cependant l’autorité locale a apporté peu de soin à la conservation. Dans ce monument, le clocher menace de s’écrouler, le revêtement de la maçonnerie en pierres carrées, attaquée à la base du côté du couchant entrainera la ruine complète de l’édifice s’il n’est promptement réparé.

Les divisions qui existent au sein du conseil municipal de cette commune et l’opposition systématique qui s’est formée mettront peut-être obstacle à l’emploi des ressources municipales et pourraient affaiblir les dispositions protectrices de l’autorité supérieure liées à votre sagesse, monsieur le Préfet, s’élèvera au-dessus de ces considérations vulgaires et ne rendra pas responsable de la faute de quelques hommes passionnés une population digne de tout votre intérêt. Il existe à Laroque de bons esprits qui gémissent de l’égarement de leurs compatriotes. Ils vous seconderont de tous leurs efforts.

Il était de mon devoir, monsieur le Préfet, de vous soumettre l’observation que j’ai l’honneur de vous adresser, votre sollicitude les accueillera favorablement.

Je suis avec respect, Monsieur le Préfet, votre très humble et obéissant serviteur.

L’inspecteur des Monuments Historiques correspondant du Ministère de l’Intérieur.

                                   RAMBAUD

 

Il faut aussi signaler les deux lettres de Mr. Coma, architecte de l’arrondissement de Pamiers et architecte diocésain,  à Mr. le Préfet le l’Ariège :

Le 12/11/1840

L’église de Laroque est un des plus anciens édifices religieux de l’arrondissement. Il mérite soit à cause de son antiquité, soit à cause du style de son portail et des sacristies d’attirer l’attention de l’autorité supérieure………………………………………………………………………………

                                                                       Pamiers le 12 novembre 1840

Ce rapport porte en haut et à gauche l’annotation suivante :

le 18 janvier 1841. Faire un rapport au ministère de l’intérieur.

 

Le 5 /05/ 1841

……………………………………………………………….………………………………………………………….

Ce bâtiment offre cependant quelques détails assez intéressants. Le porche et le portail d’entrée sont d’une construction remarquable. Le style architectonique est comme le reste ogival. Les détails d’ornement du portail méritent l’attention. Sur une des faces latérales du porche, on remarque un écusson sculpté sur la pierre de taille. Il contient d’un côté l’armorial de la ville de Laroque et de l’autre une inscription altérée par le temps, les caractères de cette inscription étant du quatorzième siècle. Le peu de mot qui sont conservés annoncent que la pierre de cette église a été posée par Pierre de St.- Colombe. Si comme semble l’indiquer quelques traditions, les frais de construction furent faits par la municipalité de Laroque, ce Pierre de St.- Colombe serait l’architecte ou le maître ouvrier qui aurait dirigé la construction.

……………………………………………….

Quoique cet édifice ne puisse pas être cité comme un monument remarquable d’architecture, il doit cependant attirer l’attention supérieure à cause de son ancienneté et des souvenirs historiques qui paraissent s’y attacher.

 

L’église a été déclassée par un arrêté ministériel du 28/10/1886 soit 11 ans après son classement. Si cet arrêté ne donne pas les raisons de cette sanction, tout laisse croire que la cause est du au remplacement de la charpente en bois originelle par les voûtes actuelles et la toiture en tuiles par des ardoises. En effet on peut lire dans la délibération du Conseil Municipal du 31/12/1906 :: « ..lorsque il y a une vingtaine d’année, dans le but d’y faire des réparations majeures le déclassement fut demandé et obtenu ».

 

Le 14/12/ 1906 , le Sous Secrétaire d’Etat des Beaux Arts propose au Préfet de l’Ariège le classement de l’église :

lettre du Sous Secrétaire d’Etat des Beaux Arts à monsieur le Préfet de l’Ariège :

La Commission des Monuments Historiques vient d’appeler mon attention sur l’intérêt que présente l’Eglise de Laroque d’Olrmes et elle m’a proposé d’en faire prononcer le classement au nombre des Monuments Historiques.

Conformément aux dispositions du § 2 de l’article 11 de la loi du 30 Mars 1887 pour la conservation des Monuments et objets ayant un intérêt historique et artistique, je vous prie d’inviter le Conseil municipal de Laroque d’Ormes à faire connaître s’il y a quelque objection à opposer à ce classement. Si le monument dont il s’agit a fait l’objet d’une affectation, l’affectataire devra également être consulté conformément au § 7 de l’article III du Décret du 3 janvier 1889 portant règlement d’administration publique pour l’exécution de la loi précitée.

A la demande du Préfet, le Conseil municipal donne son accord au cours du Conseil Municipal du 30/12/1906.

Conseil Municipal du :

                        L’an 1906, le 30 décembre………………………

Mr. Maury, Maire…………………..

Le Président expose au conseil que la Commission des Monuments Historiques vient d’appeler l’attention de Monsieur le Préfet sur l’intérêt que présente par son caractère l’église de Laroque d’Ormes.

Le Maire dit au Conseil que l’église cathédrale de Laroque d’Ormes présente en effet un caractère très artistique, qu’elle a aussi un caractère historique et elle était classée à ce titre.

Lorsque il y a une vingtaine d’années dans le but d’y faire des réparations majeures le déclassement fut demandé et obtenu.

Le maire estime que ce déclassement fut néfaste à l’édifice car les réparations qui seront effectuées le seront sans goût  et sans le moindre sentiment de l’art. Cet acte ne serait pas commis si les travaux avaient été effectués sous la Direction et la compétence des agents du ministère des Beaux Arts.

Pour conserver à ce monument son caractère……….il est de toute nécessité de demander le classement de l’Eglise de Laroque comme monument historique.                                                           

            Fait et délibéré à Laroque d’Ormes les jours, mois que dessous :

                                                                       Le 31 décembre 1906

Ouï l’exposé de Mr. le Maire est d’avis de solliciter ce classement conformément au chapitre 2 de l’article 11 de la loi du 30 Mars 1887.

            Fait et délibéré à Laroque d’Olmes les jours, mois que dessous :

                                                                       Le 31 décembre 1906

 

Dans les archives départementales ou dans celles des Bâtiments de France on n’a pas trouvé le document officiel concrétisant ce nouveau classement.

 

Mais, par contre, le 17/04/1950, le clocher, le porche et le portail sont inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques…..ce qui laisserait supposer que si la demande de classement du 14/12/1906 avait eu une suite positive il y aurait eu entre ces deux dates un nouveau déclassement….à moins que la demande de 1906 n’ai jamais eu de suite…..

 

Actuellement, l’arrêté ministériel portant inscription de l’église de LAROQUE d’OLMES (Ariège) en totalité sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, en considérant que cette église présente un intérêt d’histoire et d’art suffisant pour en rendre désirable la préservation en raison de la représentativité de son architecture et de ses décors mais également du témoignage qu’elle apporte sur les différentes étapes de sa protection, a été signifiée le 17 décembre 2001.

 

(Tous les documents qui sont cités proviennent des archives départementales ou des archives des Bâtiments de France)

Pierre Barrousse

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2 Projet de construction d’une flèche sur le clocher.

Les premiers ennuis connus avec le clocher commencèrent au début du XIX me siècle avec le « couvert (du clocher) qui a chuté par vétusté  le15 septembre 1802 »

et par l’effondrement d’une partie du parement dans la nuit du 2 au 22 novembre 1839.

Le 21 décembre 1872, l’architecte d’arrondissement qui était aussi architecte diocésain fait une description du clocher et propose une autre conception de la couverture :

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 « La tour octogonale sur base carrée n’a jamais été terminée et n’est couverte que d’une toiture de tuiles creuses protégeant mal l’édifice et supportée par une charpente en ruine .L’architecte propose de couronner la tour octogonale par une corniche et une balustrade en pierres de taille, de la couvrir et de la terminer par une flèche en charpente recouverte d’ ardoises. »

En mai 1873 le Conseil Municipal donne son accord sur cette proposition :

« Travaux prévus – total de 4993 F 42 y compris les honoraires de l’architecte. On prévoit la construction d’une corniche avec balustrade en pierre de taille ainsi qu’une flèche en charpente recouvertes d’ardoises. »

Un mois plus tard, l’appel d’offre est lancé sous la forme d’un appel d’offres à la bougie mais aucun entrepreneur ne se présente soit «  parce qu’ils pensent qu’ils ne seraient pas capables, soit que le montant du devis n’était pas assez avantageux ».

La conclusion de ce projet est officialisée dans la délibération du Conseil Municipal du 19 novembre 1873 :

« ………considérant à abandonner la construction de la flèche en charpente couvertes d’ardoises en la remplaçant par une voûte reposant sur des fers à T, surmontée sur son pourtour extérieur d’une couronne en pierres de taille, des gargouilles d’angle, des corbeaux pour les piliers d’angle de la balustrade, des pinacles au dessus des piliers, une balustrade en dalles découpées. Il est prévu un dallage en pierres dures, une pierre centrale, une chape en béton, un plancher pour préserver le clocher ».

Le 30 novembre 1873 le Conseil Municipal approuve la modification et émet le vœu que les travaux soient prochainement commencés…

Ces travaux sont exécutés par le sieur Jougla, entrepreneur, et réceptionnés le 13 septembre 1875 par l’architecte Izac.

En 2006, soit 133 ans après, sous la conduite de l’architecte Barthélémy Dumons toute la toiture est refaite par l’entreprise des Monuments Historiques Corréra de Pamiers pour un montant de 110 283 € financé par la DRAC, Le Conseil régional, le Conseil Général, la Fondation du Patrimoine, la Fondation Sauvegarde de l’Art Français et ARELO.

P.J. Dessin du clocher tel qu’il était en 1802(dessin de l’architecte départemental Comas).

Le clocher vue par Paul Garrigues si la flèche avait été construite .

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       Photos de la balustrade et d’un pilastre avant et après les travaux de 2006.

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Pierre Barousse

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3 -Où était située et qu’est devenue la grande horloge ?

 

Où était l’horloge avant 1885 ?

Un document des Archives départementale laisse supposer que la première horloge a été installée sur le clocher à la fin de l’année 1809. En effet : «  dans sa séance du 29 septembre l’assemblée nomme Jean-Baptiste Bergé, maçon, et Pierre Roubaud, charpentier, pour faire le devis de la maison presbytérale ainsi que pour le couvert à remettre à la tour du degré pour monter au clocher et l’encaissement de l’horloge. ».

 

Le 21 février 1887,  monsieur Bergé Lucien, maire, « soumet à l’assemblée une lettre datée du premier courant de Monsieur le Président du Conseil  de Fabrique de l’église paroissiale de Laroque par laquelle ce dernier fait connaître au Conseil que les travaux de restauration de la dite église étant sur le point de s’ouvrir, il y a lieu de prendre des mesures en vue du déplacement et de la nouvelle installation de l’horloge.


Le Conseil…..considérant qu’il est d’utilité publique de veiller au bon entretien de l’horloge,

Considérant que nonobstant le motif de déplacement de l’horloge occasionné par les dits travaux, il y aurait lieu d’approprier un autre endroit devant servir à l’emplacement de cette horloge,

Délibère

Article 1er-il sera procédé à l’étude et au choix du lieu d’installation de l’horloge dans le clocher de l’église paroissiale

Article 2- Monsieur le Maire qui veillera à la bonne exécution de ce transfert s’aidera pour y procéder et y faire procéder du sieur Balayé Eloi, serrurier mécanicien à Laroque. »

 

De ces documents,  on peut déduire :

1-    qu’entre 1810 et 1887 l’église avait une horloge publique dont le cadran était situé sur sa façade sud et à un niveau permettant de lire l’heure depuis le village.

2-    que le mécanisme de cette horloge était situé dans un espace qui gênait l’exécution des travaux de restauration. Il est inconcevable que ce mécanisme soit à l’intérieur de la nef car, par construction, du moins à l’époque, il devait être situé sur le même mur qui supportait le cadran mais, évidemment, sur la face opposée. Il fallait aussi que ce mécanisme ne soit pas trop éloigné en niveau de l’axe des aiguilles car les transmissions à chaine utilisées pour transmettre le mouvement ne pouvaient  être que de l’ordre du mètre.

Ce mécanisme devait donc être situé sur un plancher qui se trouvait à un niveau voisin du cadran de l’horloge et sur la face intérieure du mur qui la supportait ; on accédait à ce plancher par une échelle ou un escalier en bois.

 

Mais où était cet espace ?

 

Revenons à la  construction de l’église en 1385.

L’ensemble du bâtiment était soutenu par les contreforts qui étaient donc en saillie sur le volume de la nef. Le dernier de ces contreforts « sud-ouest » était situé à environ 2 mètres du mur  de l’ensemble « clocher-tour d’accès » créant ainsi un couloir de sortie de l’église qui correspond de nos jours au petit portail sud. En effet, on aperçoit sur cette façade les joints « coups de sabre » qui délimitent les deux constructions et la couleur différente des pierres dans cet espace montre qu’il y a eu remplissage. (photo 1). A l’intérieur de l’église, on a une porte avec cintre et au-dessus, on a découvert, en 2006, une fenêtre murée (photo 2). Tous ces éléments, remplissage entre les deux constructions, porte, fenêtre donnant dans cet espace, laisse supposer avec une certaine certitude  que ce «  couloir » existait à l’origine de la construction.

Au XVIe siècle, il a été décidé de créer des chapelles entre les contreforts en repoussant les murs latéraux de la nef ce qui a entraîné,  dans un souci de peut être uniformiser la façade, de fermer cet espace  par un mur reliant les deux constructions, ce qui a entraîné la suppression de la porte et de la fenêtre qui,  de ce fait, n’avaient plus d’utilité.  Cette nouvelle disposition explique  le plan de l’architecte Comas (photo 3) qui montre l’état du monument en 1841 qui montre que l’espace entre le dernier contrefort et l’escalier du clocher était fermé.

Lorsqu’en 1810, on a voulu installer une horloge publique, cet espace qui s’apprêtait le mieux a été choisi et on a dû exécuter une porte relativement étroite donnant dans l’escalier du clocher (voir plan Comas de 1841).

En 1885, on a rétabli l’accès initial en créant sur la façade une porte (petit portail actuel) , en ouvrant l’ancienne porte côté intérieur de la nef et en faisant un plafond à ce passage….d’où l’impossibilité de garder cet endroit pour l’emplacement de l’horloge… d’où l’inutilité de la petite porte créée en 1810 ce qui explique que l’on trouve dans le décompte des travaux de 1885, établi par l’architecte la ligne suivante :

 Maçonnerie en moellons pour  fermer  la porte de l’horloge : 1.70×0.80×0.30=0.408

 

Qu’est devenue l’horloge achetée en 1902 et supprimée en 2006 ?

 

Le 10 février 1902, Monsieur Maury Elisée, maire, propose au Conseil Municipal l’achat d’une nouvelle horloge pour remplacer l’ancienne qui ne marchait plus correctement :

. « Cette acquisition s’impose surtout dans notre ville industrielle, la vieille horloge que nous possédons étant hors de fonction ou fonctionnant si mal qu’elle n’était  qu’une cause de troubles pour les rentrées et sorties des usines et manufactures. »

En conséquence le Maire soumet à l’approbation du Conseil Municipal le devis afférent à cette installation, devis dressé par Monsieur Dulon, horloger mécanicien à Carbonne (Hte. Garonne), représentant la maison Odobey Cadet à Morez de Jura. Ce devis fait ressortir que : « l’horloge est à deux corps de rouage dont un pour le mouvement des aiguilles marchant trente heures et un corps de rouages pour la sonnerie marchant trente heures pour un remontage, sonnant les heures, les répétitions d’heures et les demi-heures sur cloche …. ».

Le 8 mars 1902, le Conseil Municipal passe un marché de gré à gré pour un montant de 1 760.50 Francs qui couvre la fourniture, le transport en gare de Mirepoix et l’installation de la dite horloge.

 

 En 2006, lors de la réfection de la terrasse du clocher, on a dû retirer le cadran de l’horloge qui était fixé sur la balustrade côté sud sud-ouest. D’après la description du constructeur, ce cadrant était : « en cuivre rouge émaillé, châssis en fer, lunettes en fonte préservées de l’oxydation, inaltérabilité parfaite, durée indéfinie. Les 13 pièces émail composant le cadran sont interchangeables et permettent à peu de frais le remplacement de l’une d’elles sans entraîner la perte du cadran. ».

Qu’est-il devenu ? Espérons que la seule partie visible de cette horloge qui a, pendant plus d’un siècle, donné l’heure à des milliers de Laroquaises et de Laroquais et qui de ce fait a participé à leur vie, soit conservée dans un lieu sûr et qu’un jour elle réapparaisse….(peut-être  ce cadran se trouve-t-il au pied du mécanisme, dans la salle dite de l’horloge, au deuxième étage du clocher ???)

On trouve, en France, quelques exemplaires de ce type d’horloge. En général, elles sont mises en valeur, compte tenue de leur qualité, dans un lieu accessible au public, bien souvent au fond de l’église. Certaines sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Souhaitons qu’un jour ce soit le sort de la nôtre.

P.J. Photo1 : mur façade au dessus du petit portail sud ; on peut distinguer la trace du dernier contrefort, la maçonnerie de l’ensemble tour-clocher et le mur de raccordement entre ces deux constructions.

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Photo 2 : vue de l’intérieur du même endroit ; on distingue au dessus de la porte la fenêtre découverte en 2006.

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        Photo 3 : plan de l’architecte Comas en 1841

 

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-Je tiens à avertir le lecteur que je ne suis ni historien, ni archéologue, mais simplement curieux et observateur. Les hypothèses que j’avance peuvent être objet à critiques …je le souhaite… Pierre Barousse-

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4-LE VERROU

 

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L’église de Laroque d’Olmes possédait depuis des siècles une serrure à vertevelle remarquable qui ornait le portail sud. Cette pièce, qualifiée « d’exceptionnelle » par des personnes qualifiées est classée « Monument Historique ». Depuis trois ans, sous prétexte, paraît-il, de risque de vol, le verrou a été retiré… Espérons qu’il est conservé en lieu sûr avec l’autorisation de la DRAC….

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Je fais part ci-dessous de quelques renseignements que j’ai pu trouver sur son utilisation, sur son origine et sur sa symbolique.

 

Le « dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, « chapitre : serrurerie » donne les explications suivantes :

« Au Moyen Âge on employait, pour fermer les vantaux de grandes portes, de longs verrous, avec moraillon. Ces verrous, poussés en dedans, ne pouvaient, bien entendu, s’ouvrir du dehors, comme les serrures à double entrée. Ils servaient à barrer les portes charretières, les grandes portes d’églises, les vantaux de portes d’enceintes, et ne laissaient rien apparaître au dehors.

La barre horizontale, formant verrou, glisse dans deux pitons ou deux embrasses fortement attachées au vantail et s’engage dans une gâche si le vantail bat en feuillure, ou dans un troisième piton si les vantaux sont doubles. Le verrou poussé, l’auberon du moraillon tombe dans une auberonnière percée dans la boîte de la serrure, au-dessus de l’entrée. Un pêle passe dans l’auberon au moyen d’un tour de clef, si l’on veut que le verrou reste fixe. Ces sortes de verrous avec serrure à bosse avaient nom de vertevelles. »

Donc, à l’origine, ces serrures permettaient de fermer le bâtiment de l’intérieur des enceintes et des églises qui servaient de refuge aux  habitants lors des attaques des bandits ou de  l’ennemi. ( De nos jours, un verrou qui assure la sécurité d’un lieu est toujours placé, évidemment, à l’intérieur et a, en général, qu’une seule entrée). Sa présence est bien justifiée à Laroque d’Olmes qui, jusqu’au XVIIe siècle a subi de nombreuses agressions (attaques des routiers, guerres de religion) mais il n’était pas positionné sur la face extérieure du portail comme aujourd’hui  mais sur sa face intérieure. Certainement, comme cela s’est produit dans beaucoup de cas, lorsque le calme est revenu, compte tenu de l’esthétique de l’objet, on a placé ces verrous à l’extérieur.

 

Ces vertevelles ne sont pas rares, et beaucoup de vieilles portes en possèdent encore. Celle qui est représentée ci-dessous était placée à l’intérieur du grand portail de l’église (classée M.H.)  de Savigny-en-terre-pleine dans l’Yonne qui est datée du XII siècle.

Celle de l’église de Liginiac (Corrèze) daterait du XIIIe siècle. L’église de Vallouise (Hautes Alpes) possède aussi une telle serrure datée du XVe siècle.

Il semblerait, toutefois, que ce système de fermeture ait été surtout  utilisé au XIVe et au XVe siècle.

Beaucoup plus près de Laroque d’Olmes,  le double portail de l’église de Notre Dame de Marceille à Limoux possède deux serrures à vertevelle ornées chacune d’un verrou à tête de « serpent. » (Il est à noter que cette église a un historique très semblable à celui de l’église de Laroque d’Olmes).

Ces fermetures étaient inviolables parce qu’elles étaient solidarisées du vantail qui les supportait, soit par des pitons fendus à leurs extrémités et retournés, soit par des pitons clavetés (cas de Laroque), les clavettes étant des tiges cylindriques ou des plats biseautés  L’extrémité était prise entre les deux   couches de planches du portail, si bien que de la partie opposée au verrou, on ne pouvait rien voir.

Mais aucun de ces verrous n’a l’importance de celui de Laroque d’Olmes qui a été décrit par l’historien Jules de Lahondes dans le chapitre concernant l’église de Laroque d’Olmes dans son livre « Les Prieurés de saint Sernin de Toulouse dans le Pays de Foix » (p.27 et 28). : « La porte de chêne a conservé son verrou; la vertevelle est terminée par une tête de cheval ainsi que les deux petites vertevelles, ornées très simplement par des biseaux alternés, frappées au marteau sur le fer chaud. L’anneau est fixé au-dessous du verrou. On voit  une serrure analogue, où le fer aussi semble vivant, à l’église de Cadéac, dans la vallée d’Aure. »

Mais contrairement à ce que l’historien avance, les deux églises de Cadéac ne possèdent, du moins actuellement, que de simples verrous, certes anciens, mais qui n’ont rien à voir avec celui de Laroque d’Olmes. Le Maire du village consulté n’a aucun souvenir d’avoir vu une telle pièce et a émis la possibilité d’existence de verrou sculpté sur des portails de granges ( ?). Le CAUE qui a fait le recensement des granges dans tout le département réfute cette possibilité étant donné que ces constructions ne sont pas antérieures au XVIIIe siècle ;  de même, les archives départementales dans l’inventaire du Conseil de Fabrique de Cadéac (1900) font état de grilles en fer forgé mais ne mentionnent aucun verrou particulier…..à moins que la serrure dont parle Jules de Lahondes ait disparu avant 1900 car il a dû visiter cette église vers 1880. Nous n’avons trouvé dans ce département de la Haute Garonne que les églises de Benque Dessus et Benque Dessous qui possèdent des verrous à vertevelle qui sont très simples et qui ne peuvent pas être comparés avec celui de Laroque d’Olmes.

Voulant en connaître plus sur l’origine de ce verrou, j’ai pu contacter Madame Luisa Aménos, docteur en histoire de l’art médiéval à l’Académie  des Beaux Arts de Barcelone, qui a étudié les verrous ouvragés et sculptés de têtes d’animaux que l’on peut voir sur les portails des églises du XIe et XIIe siècle en Catalogne du sud  (églises du XIe et XIIe siècle du Val de Boï dans le Val d’Aran), et aussi en Catalogne du nord (églises de Serralongue, de la Trinité, de Prats de Mollo en vallée du Tech.)

Après s’être étonnée du peu d’entretien de cette pièce qu’elle qualifie d’exceptionnelle et de remarquable, Madame Aménos ne trouve pas de «  ressemblance  avec les verrous romans qu’elle connaît. Et elle ne se rappelle pas en avoir vu de semblables dans les Pyrénées catalanes. Elle trouve que la poignée centrale est curieuse et que les extrémités font penser à des poignées de meubles du Moyen Âge. » Il serait étonnant,  compte tenu de l’importance de cette serrure, qu’elle provienne d’un meuble (malle ou armoire) qui, au Moyen Âge, étaient souvent équipés de vertevelles.

Toutes ces recherches laisseraient donc penser que la serrure à vertevelle de l’église de Laroque d’Olmes est contemporaine de la construction de l’église soit du XIVe siècle.

Mais pourquoi ce verrou est-t-il orné d’une tête de cheval ?

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Certaines de ces serrures ont des verrous dont une extrémité est sculptée d’une tête d’animal que l’on identifie, en général, à un serpent ou à un cheval.

De l’autre côté des Pyrénées, dans le Val de Boï, (Val d’Aran) on peut voir sur les portails des églises romanes (XIe et XIIe siècle) des verrous dont une extrémité est sculptée de tête de serpent, de cheval (on peut voir aussi un taureau et une tête humaine). Dans la Catalogne française, en vallée du Tech, on trouve des verrous identiques sur les portails des églises de Serralongue, de la Trinité, de Prats de Mollo.

Mme. Lluisa Aménos  a fait une étude approfondie sur ces sculptures  dont nous donnons ci-dessous l’essentiel :

 « Bien qu’il soit difficile de se prononcer sur le type d’animal que le forgeron a voulu représenter, l’étude du langage symbolique et des sources iconographiques nous permet de penser qu’il s’agit d’un dragon. Dans la plastique médiévale, le dragon est la synthèse d’un ensemble d’éléments hétérogènes provenant de plusieurs animaux féroces, comme le serpent, le crocodile, l’aigle et le lion. Il n’est donc pas surprenant de voir la tête du dragon munie d’oreilles pointues ou de cornes. Ces attributs indicateurs de puissance correspondent aux descriptions des auteurs médiévaux et c’est également ainsi que le dragon est représenté sur le fronton des archanges du retable de Soriguerola, le retable de Santa Margarida de Vilaseca et les chapiteaux du cloître de la cathédrale de Tarragone.

De même, il n’est guère surprenant de voir des dragons sur des objets en fer forgé. Cette pratique remonte à des époques très anciennes. Au Moyen Âge, le dragon est présent dans le couronnement des grilles romanes de Sainte-Foy de Conques et de la cathédrale de Pampelune ou sur la porte de Sainte-Croix de Gannat. On le retrouve aussi dans les objets quotidiens, comme la lampe à huile de Villy-le-Moutier.  Le dragon est toujours représenté avec les cornes ou les oreilles pointues et sur les verrous, la position de la tête de la bête est celle du dragon combattant, telle que les peintres et les sculpteurs l’ont généralement imaginée. Du point de vue technique, le parallélisme est évident avec certaines pièces d’orfèvrerie, notamment avec des crosses d’évêque comme celles d’Arnau de Gurb ou de Sant Genis les Fonts dont la conception volumétrique et les détails ciselés sont très proches.     

Le dragon exprime l’origine tellurique du minerai de fer, transformé par l’homme grâce au contrôle du feu. Il est aussi celui qui protège jalousement les trésors cachés dans les cavernes ou les montagnes et qui défend l’entrée des paradis d’exception. En définitive, il est le gardien du seuil qui sépare le monde visible du monde surnaturel. Dans son œuvre écrite avant 1130, « De gemma animae, » Honoré d’Autun explique que la porte barre le passage aux ennemis, mais laisse passer les amis. En lui associant le dragon et le verrou, on la rend infranchissable. Rien d’étonnant non plus à ce que l’on associe la barre du verrou à la queue de la bête dont la force balaie, selon saint Jean, « le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur terre ».  (Traduit du Catalan par Mme Françoise Bonnet) »

La tête de « cheval » que nous croyons reconnaître serait en réalité une tête de dragon.

 

Sur la méthode employée pour forger la tête

Madame Françoise Bonnet a pu avoir la réponse à cette question en interrogeant Monsieur Angel Eroles, maître forgeron catalan, au cours d’un colloque de forgerons au monastère de Poblet, qui a examiné la photo avec à la fois beaucoup d’admiration et beaucoup de regret de voir cette pièce séculaire dans l’état où elle se trouve.

« Sur l’extrémité de la barre de fer qui va constituer le verrou, après l’avoir chauffé au rouge, le forgeron au moyen d’un tranchant, d’un poinçon et d’un marteau façonne la sculpture avec les gestes à la fois du sculpteur sur bois et sur pierre et ceux du verrier : pour obtenir les oreilles, il suffit d’une entaille derrière la tête et le fer se soulève ; avec une autre entaille à l’extrémité la gueule du dragon s’ouvre. Les yeux et les naseaux sont généralement marqués au poinçon. »

Sous cette apparente simplicité se cachent bien entendu de longues années d’expérience avant d’acquérir avec la science du feu, la précision du geste et la faculté d’anticiper la réaction du fer.

(L’expression « Plus facile à dire qu’à faire » doit s’appliquer à cette opération…..)

 Une question peut se poser sur le positionnement de cette serrure.

La plaque de la serrure était ornée, dans ces quatre coins, d’une fleur de lys ; actuellement trois ont disparu, mais on peut penser que la fleur du coin gauche supérieur a été supprimée volontairement car elle gênait la sortie de la commande du loquet ; ce qui pourrait laisser supposer que la serrure vertevelle soit venue après le loquet…….

Je tiens à avertir le lecteur que je ne suis ni historien, ni archéologue, mais simplement curieux et observateur. Les hypothèses que j’avance peuvent être objet à critiques … Je le souhaite…    Pierre Barousse.

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5-LE PORTAIL

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 La face extérieure de ce portail est constituée d’un ensemble de planches horizontales de différentes largeurs, de couleur « gris patiné » faisant apparaître profondément les fibres du bois et où on peut voir quelques manques. Les deux vantaux ne sont pas fixés sur la maçonnerie du porche mais sur deux piédroits en bois qui se raccordent à cette maçonnerie d’une manière assez rustique. L’ensemble de ces boiseries constituant le portail, et l’huisserie qui raccorde le portail à la maçonnerie du porche gardent des traces de peinture  rouge. Les deux vantaux du portail et l’imposte comportent un grand nombre de clous à têtes hémisphériques pour la grande majorité, les autres, une infime minorité, étant à tête plate ou ronde. Cette face est ornée d’une remarquable serrure à vertevelle.

La face intérieure  est faite de planches verticales avec un assemblage en pointe particulier, de surface lisse avec des traces de scie et de couleur noire. Les pentures sont fixées à ces planches par des boulons avec écrous carrés. On peut voir sur cette face plusieurs types de fermeture (simple verrou, targette à ressort, anneaux de fixation de barres d’accrochage).

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Il est peu probable que ce portail soit celui mis en place en 1385 puisque au cours de l’été 1562 l’église a été incendiée et qu’un examen approfondi par le laboratoire SETEC a permis de découvrir sur certaines pierres du porche des traces laissées par les flammes (traces que l’on retrouve en différents endroits seulement sur le côté sud du bâtiment). Ce serait donc étonnant que le portail en bois ait résisté au feu.

Par ailleurs, la configuration actuelle de ce portail avec son verrou ne peut être celle de 1385 car, au moyen âge, les églises servant de refuge aux habitants en cas d’attaque, les portails étaient verrouillés par l’intérieur par des serrures à vertevelle à une seule entrée ((Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle-serrurerie).

La face extérieure des deux vantaux parait cependant très ancienne et on peut se poser la question de savoir si elle est contemporaine de la construction de l’église soit 1385. Les conclusions du laboratoire LAE qui a fait, en avril 2014,  les datations (contestées par la Drac sur la méthode utilisée) sur la face extérieure et qui était la suivante : Les résultats des datations indiquent que ce portail a été fabriqué dans la seconde moitié du XIVème siècle, mais qu’il a été restauré ou modifié, au moins au début du XVI éme siècle, laissent penser que cette face soit contemporaine à celle de la construction de l’église d’autant plus que le verrou est du XIVème siècle (voir deuxième partie de ce document) et l’ensemble des clous hémisphériques qui ornent les planches signeraient cette époque. En effet, d’après Mme Lluisa Aménos (1), qui a été consultée pour son avis sur le verrou, « les clous hémisphériques apparaissent dès la période ibérique » et a fait la remarque suivant : « un volume aussi parfait rappelle le style mudéjar dans les églises médiévales » en précisant que bien souvent les têtes étaient peintes…malheureusement l’oxydation des siècles ne permet pas  de contrôler cette caractéristique par simple « grattage » superficiel. La ressemblance avec le cloutage des portails espagnols évoqués par Mme. Aménos peut s’expliquer par le fait que la reconstruction de l’église a été exécutée par des ouvriers qui revenaient d’exil en Catalogne. Mais si ces éléments pourraient confirmer une date de construction ils n’apportent rien dans la recherche de l’origine de ce portail.

En ce qui concerne la face intérieure le seul indice qui permet, actuellement, de la situer dans le temps serait les boulons à écrous carrés que l’on trouve sur les pentures et qui sont apparus au XVIII me siècle.

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Il parait donc évident que ce portail a été reconstitué à une certaine époque en renforçant d’une part la partie extérieure la plus ancienne par un ensemble de planches plus récentes constituant la face intérieure et d’autre part en ajoutant deux pieds droits (il faut remarquer que ces deux montants sont exempts de clous à tête sphérique) pour l’adapter à la largeur du porche. Mais quelle était l’origine de ces bois et quand cette reconstruction et adaptation ont été opérées ?

 

On pourrait avancer l’hypothèse suivante :

 

Après l’incendie de l’été 1562 il a fallu attendre janvier 1577 pour que les catholiques reprennent Laroque et que les consuls fassent réparer les murailles et les portes de la ville…et, certainement, l’église, puisque le 21 février 1578 au cours d’une cérémonie les consuls procèdent au « bail » et se rendent à l’église N-D du Mercadal afin de « ouir » une messe. Ce récit (2) laisse supposer que, entre janvier 1577 et février 1578, les dégâts consécutifs à l’incendie aient été réparés et en particulier le portail… qui aurait pu être constitué par une construction simple ou pourquoi pas par une grille qui présentait plus de sécurité en cas de nouvelles attaques……(porte d’entrée du château comtal de Carcassonne).Si cette hypothèse s’avérait exacte on pourrait en déduire peut-être une explication de la peinture énigmatique que l’on a découverte sur la face intérieure du tympan du portail qui pourrait alors représenter un rappel du portail originel ou de celui qui a existé entre 1562 et 1577…..(puisque les peintures dateraient du XVIe siècle dateraient du XVIe siècle)

Jusqu’en 1773, le pignon ouest possédait un portail qui a été muré « à chaux et à sable » par les consuls (3) et qui a été ouvert à nouveau en 1885 pour le « local à chaises ». Il serait du domaine du possible qu’à l’occasion de la fermeture du portail « ouest », c’est-à-dire en 1773, on ait récupéré ce portail « ouest » qui daterait de l’origine de l’église, soit 1385,( puisqu’on ne trouve aucune trace d’incendie sur cette façade) pour en équiper le porche « sud » qui était l’entrée principale de l’église ( il est à noter que les dimensions des vantaux du portail « sud » sont compatible avec l’ouverture du porche « ouest »). Ceci expliquerait la présence des piédroits en bois nécessaires pour raccorder les vantaux à la maçonnerie du porche sud puisque celui-ci est plus large que le porche ouest.

Cette hypothèse semble plus plausible que celle d’une reconstruction de ce portail durant ou après la restauration de 1880 et basé sur le dessin de l’historien Jules de Lahondes que l’on trouve dans son livre « Les prieurés de St.Sernin dans le Pays de Foix » et qui montre des planches verticales. On peut supposer que ce livre a été écrit avant les grands travaux de rénovation de l’église qui ont eu lieu en 1887/1890 puisqu’il décrit la nef  avec sa charpente en bois,  ce qui  laisserait supposer que le portail actuel ne serait pas celui antérieur à cette restauration , or l’état descriptif de ces travaux de restauration  n’en fait pas mention. Par ailleurs, le dessin de de Lahondes sur l’ensemble « serrure à vertevelle + loquet » est l’exacte reproduction de l’état actuel, ce qui entraine  que, si il y a eu modification  ou reconstruction à cette époque ou après cette restauration, on aurait reconduit exactement le positionnement de cet ensemble

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….. D’autre part, sur une carte postale datant du début du vingtième siècle, on peut constater que la configuration du portail et son aspect sont identiques à ceux d’aujourd’hui : même signe de vieillissement du bois et même manquements ce qui montre que cet état était vraisemblablement celui qui existait avant  la restauration de 1887/1890.

porte de l'église

Il faut signaler aussi que « l’Etat des Travaux » dressé par l’Architecte, Maître d’œuvre de la restauration de 1887/1890, fait état dans le chapitre « Travaux imprévus- 6ème partie- construction d’un dépôt de chaises » des prestations concernant un portail, mais on ne retrouve pas de dimension correspondantes au portail « sud ».

Il semble que ces prestations concernent le nouveau portail « ouest » qui faisait communiquer le « local des chaises » avec la nef et qui a été ouvert au cours cette restauration pour être à son tour remplacé en 2002 par le portail actuel..

Il est regrettable que lorsque on a, en 2002, refait le porche ouest on n’ait pas gardé l’ancien portail et sa serrure.

 Une datation par un laboratoire agréé par la Drac des différentes parties de ce portail « Sud »: vantaux extérieurs et intérieurs, piédroits, tympan pourrait lever le mystère en essayant de rattacher chaque élément daté à des faits historiques.

 N.B. Les références à des documents historiques proviennent soit des archives départementales soit du livre « Laroque d’Olmes à travers les siècles ».

-Je tiens à avertir le lecteur que je ne suis ni historien, ni archéologue, mais simplement curieux et observateur. Les hypothèses que j’avance peuvent être objet à critiques …je le souhaite.. Pierre Barousse-

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6-PORCHE SUD

« Ce bâtiment offre cependant quelques détails assez intéressants. Le porche et le portail d’entrée sont d’une construction remarquable. Le style architectonique est comme le reste ogival. Les détails d’ornement du portail méritent l’attention. Sur une des faces latérales du porche on remarque un écusson sculpté sur la pierre de taille. Il contient d’un côté l’armorial de la ville de Laroque et de l’autre une inscription altérée par le temps, les caractères de cette inscription étant du quatorzième siècle. Le peu de mots qui sont conservés annoncent que la pierre de cette église a été posée par Pierre de St. Colombe. Si comme semble l’indiquer quelques traditions, les frais de construction furent faits par la municipalité de Laroque, ce Pierre de St. Colombe serait l’architecte ou le maitre ouvrier qui aurait dirigé la construction (Comas) »

 

Voila les termes employés par l’architecte départemental Coma dans sa lettre du 5 avril 1841 adressée au Préfet. En effet le porche de cette église est remarquable par la finesse de ses sculptures, personnages, végétaux et colonnettes….. sans oublier la pierre gravée du blason de la ville avec une annotation informant de la date de construction de l’église actuelle : 1385 (il est cependant à noter que d’après plusieurs architectes on peut se poser la question de savoir si cette pierre a été posée en 1385 ou plus tard, après l’incendie de l’été 1562)

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J’aurais du écrire  « était remarquable » car vue son état il ne restera plus dans un avenir proche aucun témoignage de ce qu’il était au moment de sa construction. Hélas en effet, les intempéries et surtout la fumée des usines au XVIIIe set XIXe siècle ont recouvert de poussières toxiques le grès qui subissant la maladie de la pierre  s’est boursouflé et desquamé. Au début du XXe siècle on a cru bon de recharger avec des enduits au ciment noir, plus ou moins épais, les parties qui étaient les plus atteintes : parements verticaux de part et d’autre du portail et colonnettes, empêchant la pierre de respirer…si bien qu’en  2013 l’architecte du patrimoine Barthélémy Dumons faisait le constat suivant sur l’ensemble porche-portail :

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« Le porche se situe au centre géométrique de la puissante masse de pierre de la façade sud, d’une admirable pureté de lignes. Entrée traditionnelle de l’église à l’abri des vents ouest, composé avec soin, il mérite nos soins le plus attentionnés.

Il est dans un état de délabrement préoccupant. Les 3 voussures du grand arc brisé intérieur, comme les piédroits à ressauts qui les supportent, sont recouverts d’un ragréage très fin qui menace la pérennité de l’ouvrage.

ELO

Les feuilles stylisées de l’entablement, nervures, lancettes, armoiries et autres sculptures, présentent des pulvérulences sous forme exfoliante.

Les pierres des soubassements sont atteintes par la maladie de la pierre et se délitent petit à petit.

DSCN1564 (1)

La nervure supérieure accolée à la façade, est actuellement bâtie à 90% au ciment et défigure l’ouvrage.

Les sols sont à moitié démolis, autant pour la calade en petits galets que pour le dallage en pierre encadrant les calades et soulignant la forme du porche

 « L’ensemble est aujourd’hui condamné du fait du mauvais état de ces éléments : portail bois descellé, ébrasement à ressaut sculpté (voussures, piédroits, glacis, etc.) recouvert d’un enduit ciment menaçant la pérennité de l’ouvrage, soubassements ruinés, chaine d’angle fissurée, sols démolis, arcature extérieure reprise au ciment, etc….

Il se dégrade de plus en plus à cause de ces désordres anciens, auxquels s’ajoute un manque d’entretien patent du fait de tout abandon d’usage………………………………………….

Le 16 mai 2013, l’Architecte des Bâtiments de France, après une visite détaillée du clocher et du porche écrivait :

je vous confirme mon avis très favorable de principe pour cette restauration selon moi urgente compte tenu de l’état sanitaire de ce porche.

Le Conservateur régional des monuments historiques donnait sa position le 31 mars 2017

:……………… Nous avons bien noté la nécessité d’intervenir en urgence, pour des pré-consolidations nécessaires à la sauvegarde d’éléments sculptés remarquables actuellement en péril…

Le Laboratoire SETEC concluait son rapport d’octobre 2016 par :

Pour toutes les raisons évoquées, les priorités sur ce portail et son porche sont donc :

- programmer une mission de conservation d’urgence sur les dites consoles sculptées,

Malgré ces constats, des promesses verbales et écrites, cette partie remarquable de notre patrimoine et donc de l’histoire de notre village va, après le verrou du portail, disparaître complètement pour cause de vieillesse et …d’ignorance.

Tout arrive…même les bonnes nouvelles : Après un entretien avec l’ABF, Mr. le Maire m’a annoncé, le jeudi 19 juillet 2018, que les travaux « urgents » de consolidation du porche allaient commencer en octobre 2018.

Je tiens à avertir le lecteur que je ne suis ni historien, ni archéologue, mais simplement curieux et observateur. Les hypothèses que j’avance peuvent être objet à critiques …je le souhaite. Pierre Barousse-

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