L’église de Laroque

 

07-09-2006 145 (2) - Copie

L’histoire  de notre église et les observations que l’on peut faire sur ce monument posent un certain nombre de questions sans réponses à ce jour  ou demandent de fournir aux personnes intéressées des explications. La rubrique qui va suivre évoque plusieurs points : classement aux Monuments Historiques, élévation du clocher, l’histoire de l’horloge, le verrou du portail sud, le portail sud, la chapelle saint Martin, hypothèse sur le clocher, les autels, véritable histoire des orgues……

Le premier sujet traité sera les classements, déclassements et reclassements successifs qui ont été réalisés sur cette église.

Mais tout d’abord rappelons aux lecteurs que jusqu’à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat les biens de l’Eglise étaient gérés par le « Conseil de fabrique » qui était une assemblée de clercs et de laïques.

1-CLASSEMENTS-DECLASSEMENS-RECLASSEMENTS

 

Prosper Mérimée, homme de lettre, historien et archéologue, inspecteur de Monuments Historiques mit au point à partir de 1842 un inventaire des monuments remarquables en vue de leur préservation dans le temps.

D’après la liste officielle des bâtiments classés au XIXe. siècle dans l’Ariège on trouve : le château de Foix en 1840, l’église d’Unac  et la chapelle de Sabart en 1846 . L’église de Laroque d’Olmes a été en 1875 la troisième église classée M.H. du département .  On peut penser que cette reconnaissance a été faite à la suite du rapport de Monsieur Rambaud, inspecteur des Monuments Historiques, et collaborateur de Mérimée, établi le 10 janvier 1840 ,soit 35 ans avant….. !

Monsieur le Préfet.

Laroque d’Olmes est une commune à laquelle se rattachent des souvenirs glorieux. Elle possédait un château important qui a  appartenu tour à tour aux Comtes de Toulouse, aux comtes de Foix et aux Rois d’Aragon. Son église actuelle, construite au 14e siècle et le clocher qui la couronne offrent un document historique qui en recommande la conservation…………………………………………
L’église de Laroque est donc un monument historique remarquable, cependant l’autorité locale a apporté peu de soin à la conservation. Dans ce monument, le clocher menace de s’écrouler, le revêtement de la maçonnerie en pierres carrées, attaquée à la base du côté du couchant entrainera la ruine complète de l’édifice s’il n’est promptement réparé.

Les divisions qui existent au sein du conseil municipal de cette commune et l’opposition systématique qui s’est formée mettront peut-être obstacle à l’emploi des ressources municipales et pourraient affaiblir les dispositions protectrices de l’autorité supérieure liées à votre sagesse, monsieur le Préfet, s’élèvera au-dessus de ces considérations vulgaires et ne rendra pas responsable de la faute de quelques hommes passionnés une population digne de tout votre intérêt. Il existe à Laroque de bons esprits qui gémissent de l’égarement de leurs compatriotes. Ils vous seconderont de tous leurs efforts.

Il était de mon devoir, monsieur le Préfet, de vous soumettre l’observation que j’ai l’honneur de vous adresser, votre sollicitude les accueillera favorablement.

Je suis avec respect, Monsieur le Préfet, votre très humble et obéissant serviteur.

L’inspecteur des Monuments Historiques correspondant du Ministère de l’Intérieur.

                                   RAMBAUD

 

Il faut aussi signaler les deux lettres de Mr. Coma, architecte de l’arrondissement de Pamiers et architecte diocésain,  à Mr. le Préfet le l’Ariège :

Le 12/11/1840

L’église de Laroque est un des plus anciens édifices religieux de l’arrondissement. Il mérite soit à cause de son antiquité, soit à cause du style de son portail et des sacristies d’attirer l’attention de l’autorité supérieure………………………………………………………………………………

                                                                       Pamiers le 12 novembre 1840

Ce rapport porte en haut et à gauche l’annotation suivante :

le 18 janvier 1841. Faire un rapport au ministère de l’intérieur.

 

Le 5 /05/ 1841

……………………………………………………………….………………………………………………………….

Ce bâtiment offre cependant quelques détails assez intéressants. Le porche et le portail d’entrée sont d’une construction remarquable. Le style architectonique est comme le reste ogival. Les détails d’ornement du portail méritent l’attention. Sur une des faces latérales du porche, on remarque un écusson sculpté sur la pierre de taille. Il contient d’un côté l’armorial de la ville de Laroque et de l’autre une inscription altérée par le temps, les caractères de cette inscription étant du quatorzième siècle. Le peu de mot qui sont conservés annoncent que la pierre de cette église a été posée par Pierre de St.- Colombe. Si comme semble l’indiquer quelques traditions, les frais de construction furent faits par la municipalité de Laroque, ce Pierre de St.- Colombe serait l’architecte ou le maître ouvrier qui aurait dirigé la construction.

……………………………………………….

Quoique cet édifice ne puisse pas être cité comme un monument remarquable d’architecture, il doit cependant attirer l’attention supérieure à cause de son ancienneté et des souvenirs historiques qui paraissent s’y attacher.

18-1

 

L’église a été déclassée par un arrêté ministériel du 28/10/1886 soit 11 ans après son classement. Si cet arrêté ne donne pas les raisons de cette sanction, tout laisse croire que la cause est du au remplacement de la charpente en bois originelle par les voûtes actuelles et la toiture en tuiles par des ardoises. En effet on peut lire dans la délibération du Conseil Municipal du 31/12/1906 :: « ..lorsque il y a une vingtaine d’année, dans le but d’y faire des réparations majeures le déclassement fut demandé et obtenu ».

 

Le 14/12/ 1906 , le Sous Secrétaire d’Etat des Beaux Arts propose au Préfet de l’Ariège le classement de l’église :

lettre du Sous Secrétaire d’Etat des Beaux Arts à monsieur le Préfet de l’Ariège :

La Commission des Monuments Historiques vient d’appeler mon attention sur l’intérêt que présente l’Eglise de Laroque d’Olmes et elle m’a proposé d’en faire prononcer le classement au nombre des Monuments Historiques.

Conformément aux dispositions du § 2 de l’article 11 de la loi du 30 Mars 1887 pour la conservation des Monuments et objets ayant un intérêt historique et artistique, je vous prie d’inviter le Conseil municipal de Laroque d’Ormes à faire connaître s’il y a quelque objection à opposer à ce classement. Si le monument dont il s’agit a fait l’objet d’une affectation, l’affectataire devra également être consulté conformément au § 7 de l’article III du Décret du 3 janvier 1889 portant règlement d’administration publique pour l’exécution de la loi précitée.

A la demande du Préfet, le Conseil municipal donne son accord au cours du Conseil Municipal du 30/12/1906.

Conseil Municipal du :

                        L’an 1906, le 30 décembre………………………

Mr. Maury, Maire…………………..

Le Président expose au conseil que la Commission des Monuments Historiques vient d’appeler l’attention de Monsieur le Préfet sur l’intérêt que présente par son caractère l’église de Laroque d’Ormes.

Le Maire dit au Conseil que l’église cathédrale de Laroque d’Ormes présente en effet un caractère très artistique, qu’elle a aussi un caractère historique et elle était classée à ce titre.

Lorsque il y a une vingtaine d’années dans le but d’y faire des réparations majeures le déclassement fut demandé et obtenu.

Le maire estime que ce déclassement fut néfaste à l’édifice car les réparations qui seront effectuées le seront sans goût  et sans le moindre sentiment de l’art. Cet acte ne serait pas commis si les travaux avaient été effectués sous la Direction et la compétence des agents du ministère des Beaux Arts.

Pour conserver à ce monument son caractère……….il est de toute nécessité de demander le classement de l’Eglise de Laroque comme monument historique.                                                           

            Fait et délibéré à Laroque d’Ormes les jours, mois que dessous :

                                                                       Le 31 décembre 1906

Ouï l’exposé de Mr. le Maire est d’avis de solliciter ce classement conformément au chapitre 2 de l’article 11 de la loi du 30 Mars 1887.

            Fait et délibéré à Laroque d’Olmes les jours, mois que dessous :

                                                                       Le 31 décembre 1906

 

Dans les archives départementales ou dans celles des Bâtiments de France on n’a pas trouvé le document officiel concrétisant ce nouveau classement.

 

Mais, par contre, le 17/04/1950, le clocher, le porche et le portail sont inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques…..ce qui laisserait supposer que si la demande de classement du 14/12/1906 avait eu une suite positive il y aurait eu entre ces deux dates un nouveau déclassement….à moins que la demande de 1906 n’ai jamais eu de suite…..

 

Actuellement, l’arrêté ministériel portant inscription de l’église de LAROQUE d’OLMES (Ariège) en totalité sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, en considérant que cette église présente un intérêt d’histoire et d’art suffisant pour en rendre désirable la préservation en raison de la représentativité de son architecture et de ses décors mais également du témoignage qu’elle apporte sur les différentes étapes de sa protection, a été signifiée le 17 décembre 2001.

 

(Tous les documents qui sont cités proviennent des archives départementales ou des archives des Bâtiments de France)

 

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